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Vie et spiritualité de Van

VAN, ENFANT DE MARIE

               « Avant de commencer mon récit, permettez que je me jette à
genoux pour demander à Marie, la Mère toute belle,

de bien vouloir m’aider dans ce travail.

Car toutes les grâces que Dieu m’a accordées

sont passées par ses mains maternelles (…).

Le cœur de Marie est vraiment un livre où se trouve enregistrée clairement la vie de chacun de ses enfants. »

1.       LE SAINT DE POCHE


Van est né le 15 mars 1928, à Ngam Giao dans la province de Bac-Ninh. Il est
d’une famille vietnamienne très catholique. Ses frères et sœurs : Liêt, Lê
et Tê puis Luc.

Très tôt, Van a le désir d’être un saint…tous ses jeux comme son travail
sont orientés vers Dieu. Lorsqu’il garde les buffles, Van chante et prie son
chapelet en l’honneur de Marie, si bien qu’on l’appelle le « saint de poche
». Et puis, très jeune, Van veut devenir prêtre pour être saint. Pourtant,
il culpabilise de désirer la sainteté : tous les grands saints ont passé
leur vie à se mortifier…qui est-il, petit Van, incapable de s’imposer une
quelconque discipline ? N’est-il pas trop orgueilleux ?

Ce que Van ne sait pas, c’est qu’il vit déjà la sainteté selon  Thérèse de
l’Enfant-Jésus, celle qui s’adresse à tous les états de vie, et même aux
enfants. La sainteté, c’est l’extraordinaire dans l’ordinaire, c’est «
l’accomplissement parfait de la volonté de Dieu chaque jour »…par amour.
Comme disciple de la « petite voie », Van est véritablement l’apôtre des
enfants.



2.        HUU-BANG : TRANSFORMER LA SOUFFRANCE EN JOIE



A 7 ans, renonçant au bonheur de vivre en famille, Van va à la cure de
Huu-Bang pour étudier en vue d’être prêtre. Mais là, déception, il se rend
compte de la perversité des catéchistes contre laquelle il lutte en formant
la troupe des Anges de la résistance. Dieu vient chercher Van au cœur de la
nuit de son âme : la nuit de Noël 1940 est une étape lumineuse.



"Dieu m’a confié une mission :

celle de changer la souffrance en bonheur.

Je ne supprime pas la souffrance, mais je la change en bonheur. Puisant sa force dans l’amour, ma vie ne sera plus désormais que source de bonheur".

(Autobiographie 439). 



               Sa méthode ? Lancer les croix en l’air pour qu’elles
retombent en roses…

Jésus est passé par la mort pour que nous ayons la vie ; Van, lui, offre ses
souffrances et s’écrie : « Je suis un petit rédempteur ! »



3.       THERESE ET VAN



A partir de là, Van comprend sa mission. Mais il reste cet incessant appel à
la sainteté qui ne le laisse pas en paix. La lecture de l’Histoire
d’une âme, au petit séminaire de Langson, bouleverse sa vie : Thérèse est
une sainte entièrement selon son cœur et Van se reconnaît parfaitement en
elle.

 

Aussi n’est-il qu’à moitié surpris lorsque pour la première fois en
octobre 1942, il entend la voix de Thérèse :

 

« Petit frère ! A partir de ce
jour, nos deux âmes ne seront plus séparées par aucun obstacle, comme elles
l’étaient autrefois ; elles sont déjà unifiées dans le seul Amour de Dieu.
Sais-tu pourquoi nous nous rencontrons aujourd’hui ? C’est Dieu lui-même qui
nous a ménagé cette rencontre. Il veut que les leçons d’amour qu’il m’a
enseignées dans le secret de mon âme se perpétuent en ce monde ; c’est
pourquoi il a daigné te choisir comme un petit secrétaire pour exécuter le
travail qu’il désire te confier.
»

 

Van est alors pour quelques mois à
Quang-Uyen. Au cours de fréquents dialogues, Thérèse le raffermit dans la
confiance et lui enseigne la manière d’entrer en relation avec Dieu :

« N’aie jamais peur de Dieu, Il est le Père tout aimant,

Il ne sait qu’aimer
et désirer être aimé en retour.
»



               Très vite, Thérèse révèle à Van la volonté de Dieu…"Dieu ne
veut pas que tu sois prêtre
". La nouvelle est terrible quand on sait que Van
a vécu toute son enfance dans la perspective du sacerdoce, qu’il a supporté
pour cela souffrances et humiliations et qu’il rêve d’annoncer aux hommes
l’Amour infini de Dieu !

               Que sera-t-il donc s’il ne peut pas être prêtre ? La
vocation de Van est d’être l’ « apôtre caché de l’Amour » pour être la «
force vitale des apôtres missionnaires ». Quant à la Congrégation dans
laquelle il doit entrer, Van la découvre par Marie, Notre Dame du Perpétuel
Secours, patronne des Rédemptoristes. 



4.       ENTREE CHEZ LES REDEMPTORISTES



A la suite de Saint Alphonse de Liguori, Van se sait appelé à entrer comme
frère dans la congrégation des Rédemptoristes. En 1943, il se présente au
couvent de Hanoï, mais son entrée est ajournée parce qu’il a le courage de
dire qu’il ne vient pas pour être prêtre : fidélité à la Volonté de Dieu
quoi qu’il en coûte… Entré en religion en 1944, c’est l’offrande de sa vie
qui passe par l’acceptation joyeuse de toutes les tâches quotidiennes, du
mépris de certains frères ou de l’apparente absence du "Petit Jésus dormant".

« Avec mes mains qui nettoient les marmites, j’ai le pouvoir de sanctifier le monde entier.

Qui suis-je ?

Un religieux qui vit dans la foi. »

Thérèse va jusqu’à l’appeler son « petit docteur en observance régulière ».

Sous les dehors d’une extrême simplicité, Van vit dans une grande proximité
avec le Ciel : ses dialogues avec Jésus, Marie et Thérèse ne sont connus que
du père Antonio Boucher, son « Jésus barbu », admirable père spirituel de
Van à qui Jésus lui-même obéit…


               A cette époque-là aussi, Van, qui a pris le nom de frère
Marcel, est très proche de sa petite sœur Anne-Marie Tê, au juvénat de
Dalat.

               Par Thérèse, Van découvre la communion des saints
puisqu’elle lui demande d’agrandir le cercle de ses relations célestes !



5.       MOURIR D’AMOUR : CAMP DE YEN-BINH



En juillet 1954, le Nord-Vietnam est cédé aux communistes…

C’est alors la grande évacuation des catholiques du Nord vers le Sud. Van s’offre comme volontaire pour demeurer dans la maison de Hanoï « pour qu’il y ait
quelqu’un qui aime le Bon Dieu au milieu des communistes. »


Il est arrêté en mai 1955 et conduit à la prison centrale de Hanoï, devenue
camp de rééducation. A sa sœur Anne-Marie, novice chez les moniales
rédemptoristines, à Sainte-Anne de Beaupré, il écrit :

 

« Dans la prison
comme dans l’amour de Jésus,

rien ne peut m’enlever l’arme de l’amour.
Aucune affliction n’est capable d’effacer le sourire caressant que je laisse paraître habituellement sur mon visage amaigri.

Et pour qui la caresse de
mon sourire, si ce n’est pour Jésus, le Bien-Aimé ? »



Vers mai 1956, le frère Marcel comparaît devant le Tribunal où il entend
sa condamnation à quinze ans de travaux forcés pour n’avoir pas avoué ses
prétendus crimes. Il est transféré au camp de Mo-Chen où son travail
ressemble à celui d’un curé de campagne, accueillant et réconfortant les uns
et les autres en dehors des heures de travail obligatoire. Bien qu’il soit
très faible, on le prend pour un homme inépuisable ; sa présence console…et
Dieu lui fait savoir que c’est Sa Volonté qu’il accomplit ici, en soignant
les âmes. « Je suis la victime de l’Amour et l’amour est tout mon bonheur,
un bonheur indestructible. »


Un an après, Van  passe dans le camp N°2 de Yên Binh et on l’enferme dans un
cachot. Quand on l’en sort, il souffre de tuberculose et de béribéri…il
meurt le 10 juillet 1959, vers midi.

Van nous laisse comme un testament  les dernières lignes de l’Autobiographie :

               « Je leur laisse mon amour.

Avec cet amour,

si petit soit-il,

j’espère rassasier les âmes

qui veulent se faire toutes petites
pour venir à Jésus.

C’est là une chose que je voudrais décrire,

mais avec mon peu de talent,

les mots me manquent pour le faire… »



                    5. VAN, UN VRAI FILS DE SAINT ALPHONSE DE LIGUORI


      L’enfance de Van, toute empreinte d’une tendre dévotion envers la Vierge Marie et d’un profond attachement à la présence de Jésus au Saint Sacrement, est conforme à l’idéal suggéré par saint Alphonse de Liguori à ses fils.

 

Comme le « Docteur de la Prière » est aussi le fondateur de la Congrégation
des rédemptoristes, il s’ensuit que ceux qui prennent saint Alphonse pour
père, s’engagent sur le chemin de l’imitation de Jésus jusqu’à la croix.
Enfant, Van est déjà marqué par la souffrance, mais il a reçu de Dieu la
grâce de la transformer en bonheur  au point de pouvoir joyeusement s’écrier :

 « Je suis un petit rédempteur ! »

Saint Alphonse lui-même se manifeste à Van au cours d’une vision et lui
demande : « Veux-tu ? » Sans attendre, sans même identifier la silhouette
noire qu’il n’a jamais vue, Van répond oui … à sa vocation de rédemptoriste.

 

 


 

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